Réflexions sur la mise en place de la réforme des rythmes scolaires

Depuis la rentrée 2014, toutes les écoles publiques maternelles et primaires sont contraintes d’appliquer la réforme des rythmes scolaires… Les 24 heures d’enseignement hebdomadaire sont désormais réparties sur 9 demi-journées, incluant le mercredi matin. Des « temps d’activités périscolaires » (TAP) viennent s’ajouter aux heures de classe.

En faisant le choix aux Essarts-le-Roi d’une mise en place de « temps d’activités périscolaires » de qualité, offrant des activités artistiques, culturelles et sportives diversifiées, contrairement à un simple temps de garderie adopté par certaines communes, nous avons délibérément fait le choix de l’intérêt de nos enfants : permettre à tous d’accéder, pendant ce temps périscolaire, à des activités qui contribuent à leur épanouissement et leur bien-être, à leur construction personnelle.

Mais la mise en application de cette réforme a des répercussions importantes sur l’organisation des services, ceux de l’ensemble de la commune (pas uniquement le service scolaire), et elle coûte cher, très cher :

  • Une grande variété d’agents territoriaux sont impactés, tant en terme d’organisation du travail que de définition de leurs missions, débordant parfois de leur cadre statutaire traditionnel (ATSEM, agents d’entretien, agents techniques, agents de bibliothèque, éducateurs, transport scolaire) ;
  • Il a fallu compléter l’ensemble de notre dispositif d’encadrement et d’animation par de nombreux recrutements de personnels en contrat d’activité accessoire, notamment pour assurer l’animation diversifiée des TAP (animateurs sportifs et culturels, artistes…) ;
  • Pour répondre aux besoins des parents qui travaillent, la demi-journée supplémentaire du mercredi matin implique l’ouverture le mercredi midi d’un service de cantine supplémentaire, financé par moitié par les parents et par moitié par la commune ;
  • L’impact financier sur le budget de la commune pour la mise en place de cette réforme est considérable, 300 000 € en année scolaire pleine, soit un coût de 400 €/élève, bien loin des 150 € officiels annoncés !
  • En compensation, la commune bénéficiera d’une contribution du fonds d’amorçage, dont la pérennité est loin d’être acquise, et d’une dotation complémentaire de la CAF, le tout pour un montant de 92 000 €. Il nous reste donc à financer 208 000 €, une dépense supplémentaire qui vient hélas s’ajouter aux baisses sans précédent des dotations de l’Etat.

Officiellement, cette réforme élaborée par Vincent Peillon lorsqu’il était ministre de l’Education nationale, vise à enrayer l’échec scolaire chronique. Selon la nouvelle ministre Najat Vallaud-Belkacem, « c’est une bonne réforme qui va permettre aux écoliers de mieux apprendre à lire, écrire et compter ».

Cette réforme répond-elle vraiment au problème de fond ?

Le véritable enjeu concerne bien l’efficacité de notre système éducatif. Clairement, les résultats obtenus aux évaluations nationales et les comparaisons internationales montrent qu’il n’est pas à la hauteur de ses ambitions. De l’avis des spécialistes, des journées scolaires trop chargées et un calendrier trop concentré ne laissent pas le temps d’aborder tout le programme, et expliquent les mauvais résultats de nos élèves.

La réforme « Peillon » ne raccourcit pas la journée de nos enfants, les temps périscolaires s’ajoutant aux temps scolaires, et elle ne soulève pas la question des programmes ou des méthodes pédagogiques, ni celle du nombre de jours d’école par rapport aux jours de congés, notamment la longue coupure estivale…

L’Etat impose donc aux communes la mise en place d’une réforme dont le coût est évalué à plus de 2 milliards € par an pour l’ensemble du pays, avec une répercussion inévitable en termes d’augmentation de la fiscalité locale ou de baisse des investissements. Pourtant, cette réforme semble particulièrement peu adaptée au niveau des classes de maternelles, et ne présente apparemment pas d’impact sur le réel contenu des apprentissages fondamentaux en primaire, source essentielle des difficultés rencontrées par les élèves à l’entrée en sixième.

Cette réforme est une réforme inefficace. Une réforme pour rien, à 2 milliards d’euros !

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